Devons-nous nous attendre à une vague de faillites des fournisseurs d’énergie?

Devons-nous nous attendre à une vague de faillites des fournisseurs d’énergie?
  • 24.09.2021
  • Kurt Deman
  • 6 min

Depuis le début du mois d’août, 7 fournisseurs d’énergie britanniques ont fait faillite. Ceci est surtout dû à la hausse des prix de l’énergie. Etant donné que les prix du marché atteignent également des pics historiques en Belgique, la question est de savoir si ce scénario se produira également dans notre pays. La fédération sectorielle FEBEG n’a reçu aucun signal de détresse alarmant du marché de l’énergie, mais ne considère pas du tout la hausse actuelle des prix comme favorable pour ses membres.

La mesure dans laquelle les fluctuations de prix rendent les fournisseurs d’énergie vulnérables dépend en grande partie de leur stratégie de couverture. Stéphane Bocqué, responsable de la communication auprès la FEBEG: «En fonction du degré de leur propre production d’électricité, les fournisseurs d’énergie achètent également du gaz naturel et de l’électricité eux-mêmes. Ils peuvent le faire aussi bien sur le marché à long et moyen terme que sur le marché à (très) court terme. Les fournisseurs choisissent parmi les différents marchés sur base de chiffres historiques et de prévisions. S’ils n’ont que peu acheté sur le marché à long terme, ils dépendront beaucoup plus du marché à court terme. L’impact de la hausse mondiale des prix de l’énergie y est très considérable.»

Espérons que l’hiver sera doux

Selon Stéphane Bocqué, de nombreux fournisseurs d’énergie belges appliquent une bonne stratégie de couverture équilibrée, suite à quoi une vague de faillite comme au Royaume-Uni ne sera pas d’application. «Toutefois, ceci n’empêche pas que les prix élevés mettent la pression sur la rentabilité des fournisseurs d’énergie. Voilà pourquoi ils espèrent, tout comme les consommateurs, que l’hiver sera doux de sorte que la courbe des prix ne doive pas être augmentée davantage.»

Une longue durée contractuelle et de faibles acomptes

Les consommateurs ayant conclu un contrat de longue durée à tarif fixe au printemps 2020 profitent encore toujours des prix de l’énergie qui étaient faibles à l’époque. «En revanche, les tarifs auxquels les fournisseurs achètent leur énergie maintenant, ont augmenté considérablement, explique Stéphane Bocqué. «Les consommateurs paient donc un prix bas tandis que les fournisseurs d’énergie se verront présenter une facture plus élevée s’ils doivent acheter plus d’énergie maintenant, ce qui augmentera leurs risques.»

Les fournisseurs d’énergie conseillent à leurs clients disposant d’une formule à tarif variable d’adapter le montant de leur acompte. «Ainsi, l’impact de la hausse des prix de l’énergie sera échelonné pour les consommateurs et ceci permettra d’éviter des factures trop élevées. Dans ce cas, les fournisseurs d’énergie pourront facturer plus rapidement les augmentations de prix, ce qui leur sera favorable au niveau financier s’ils doivent acheter plus d’énergie et réduira les risques de non-paiement.»

L’impact des augmentations de prix sur les arriérés de paiement

Entre le 15 février 2020 et le 15 août 2021, plus de 750.000 clients résidentiels ont demandé à leur fournisseur des plans ou reports de paiement, ce qui représente un risque financier de plus de 300 millions d’euros pour les fournisseurs. Il est difficile d’estimer si les prix du marché élevés engendreront une nouvelle hausse après l’impact de la crise liée au coronavirus, déclare Marc Van den Bosch, directeur général de la FEBEG. «Pour les consommateurs disposant d’un tarif fixe, la hausse des prix ne se manifestera que lorsqu’ils devront conclure un nouveau contrat. Si les prix augmentent, il est fort probable que de plus en plus de personnes éprouveront des problèmes.»

Compter sur le préfinancement

Marc Van den Bosch indique que les fournisseurs d’énergie ne se trouvent pas dans une position favorable en cas de paiements tardifs. «Non seulement nos membres ratent la compensation qui leur est due pour leur énergie, mais ils doivent également payer l’ensemble des prélèvements, taxes et coûts de réseau aux gouvernements et au gestionnaire de réseau. En ce qui concerne le tarif social, les consommateurs paient un tarif inférieur tandis que les fournisseurs d’énergie paient le même prix et doivent supporter les mêmes frais. Ce n’est qu’un an plus tard qu’ils récupéreront partiellement via le gouvernement la différence entre le tarif social et le tarif affiché.»

En cas de forte augmentation du nombre de plans de paiement ou de poursuite de l’extension temporaire du tarif social, la FEBEG compte sur la coopération du gouvernement. Ceci s’était déjà produit durant la crise liée au coronavirus à l’aide d’un préfinancement partiel, selon lequel les gouvernements avaient payé préalablement aux fournisseurs d’énergie la différence entre le tarif social et le tarif courant. En effet, les coûts liés au préfinancement sont très élevés pour les fournisseurs.

Quelles sont les conséquences pour les consommateurs en cas de faillite de leur fournisseur d’énergie?

En Belgique, une garantie de livraison est d’application, suite à quoi vous ne tomberez jamais sans énergie, même pas en cas de faillite de votre fournisseur. Toutefois, nous vous conseillons de conclure un contrat avec un nouveau fournisseur dans les meilleurs délais. Si vous tardez à passer à l’action, le gestionnaire de réseau se chargera temporairement de la fourniture d’énergie. Il le fera à un tarif qui ne pourrait pas faire partie des plus avantageux sur le marché. En cas de faillite de votre fournisseur, vous avez donc intérêt à comparer les tarifs des différents fournisseurs et à choisir l’offre qui vous convient au mieux.

Tuyau: Comparez ici les différents tarifs énergétiques afin de réduire au minimum l’impact des prix du marché à la hausse!